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Détoxifier sa salle de bains, le dernier combat tendance
Détoxifier sa salle de bains, le dernier combat tendance

Santé : une chimiste expliquait lundi soir comment décrypter la composition de nos produits de beauté quotidiens

Les participantes ont passé au crible la composition de leurs produits préférés. Et découvert que tout est loin d’être rose au pays de la cosmétique industrielle.

Elles sont venues entre copines, Birkenstock aux pieds et sac Vuitton à la main, avec la ferme intention de bouter le grand méchant paraben hors de leurs salles de bains. Lundi soir, une dizaine de personnes se sont déplacées à la place du Bourg-de-Four pour assister à l’atelier « Détox ta salle de bains !», organisé par le magasin éphémère Let’s Pop-Up.

Toutes sont là pour les mêmes raisons : une méfiance grandissante envers les produits industriels et la volonté de devenir des consommatrices, pour leur propre santé et celle de leur famille. Pas l’ombre d’un chromosome Y en revanche. Que des mères au foyer, des étudiantes ou des businesswomen. Jeunes ou moins jeunes, elles se déclarent surmotivées, prêtes à imposer un divorce à leur crème de jour ou déclarer la guerre à leur trousse de maquillage si la cause l’exige.

Sous le coude, leurs produits chouchous, dont la composition s’apprête à être passée au crible par une papesse de l’étiquette, la douce et jeune Adèle, chimiste de formation, qui officie en tant que maîtresse de cérémonie.

Sous des dehors angéliques, le gourou s’avère impitoyable. Ses ennemis ? Les perturbateurs endocriniens et les allergènes dont on s’oint quotidiennement la peau sans le savoir. « J’ai décidé de faire plus attention à ce que j’achetais lorsque je suis tombée enceinte. J’ai ensuite entamé une formation en santé environnementale pour pouvoir informer les gens sur ce qu’ils achètent », explique-t-elle à ses ouailles après avoir les avoir invitées à se présenter.

Premier exercice. Adèle dépose trois listes d’ingrédients sur la table ainsi qu’une dizaine de tubes et flacons de différentes marques.

Objectif: que les participantes devinent quels produits correspondent à quelle liste. La dame est retorse mais ses élèves se prêtent au jeu. La liste du milieu est longue comme le bras : au moins une trentaine de composants différents. « Houlà, elle fait peur celle-ci !» s’exclame Emilie. «Et le mot acide aussi!» poursuit Alessia. Acquiescement général. La petite troupe d’ayatollahs de la cosmétique décide d’un commun accord que c’est à un gel douche Nivea que correspond cette liste épouvantail. Gagné.

« Les gens se méfient beaucoup plus des grandes marques industrielles, s’amuse Adèle. Globalement, s’il y a plus de vingt ingrédients, mieux vaut passer son chemin, peu importe la marque. » Vient ensuite la question de la péremption. « Le temps de conservation indiqué sur l’emballage est un bon indice de la présence de conservateurs, souvent mauvais pour la santé, précise Adèle. Plus il est long, plus il y en a. Préfèrez les produits secs, ils en contiennent moins. Mais certes, ils moussent moins aussi. » Les futures converties sont prévenues : elles devront faire le deuil de certaines vilaines habitudes. Adieu bulles et cheveux disciplinés.

Du coup, face à cette omniprésence d’agents nocifs, ne vaut-il pas mieux se fier simplement au bio ? s’interroge Pamela Raté. Au royaume de la détox de salle de bains, le bio n’est pas forcément roi. « Le sodium benzoate est le seul conservateur autorisé dans les cosmétiques bio, et pourtant c’est un allergène… » lui rétorque Adèle. A côté, Yasmina lorgne la composition de son déodorant. « C’est bizarre, j’ai l’impression que je ne trouve rien de mauvais !» L’œil inquisiteur d’Adèle lui déniche tout de même un bon vieux paraben. « Ne vous fiez jamais au packaging. Ce n’est pas parce qu’il y a du vert que c’est bon !» L’information, c’est le pouvoir, y compris dans la baignoire.

 

Bon à savoir

Comprendre l’emballage

La liste présente toujours les ingrédients du plus au moins important en quantité. Bon à savoir: la présence d’eau implique forcément celle de conservateurs!

Les modes

Si certaines marques ont supprimé le paraben de leurs flacons, elles les ont souvent remplacés par d’autres composants allergènes moins connus du grand public, comme par exemple tout ce qui se termine par -thiazolinone

Risques augmentés

Les substances à risque sont encore plus préoccupantes dans les produits on rincés et à bannir absolument pour les tout-petits, les adolescents et les femmes enceintes. 

Par: Cécile Denayrouse, le 9 août 2017 

Posté le 27 octobre 2017
Post in : Blog
Auteur Élodie Corocher

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